juin17
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Stand-By

Vous l’aurez remarqué, je publie plus régulièrement qu’avant. Fort de cette nouvelle régularité, le Blog a plus de lecteurs ; qu’il serait fort irrespectueux d’ignorer. Disons-le. Je suis incapable a priori de bloguer avant début Juillet. Ce n’est pas catégorique : après tout, vous n’êtes pas à l’abri d’un billet surprise. Mais ne pouvant rien vous promettre, je vous conseille uniquement (si vous le désirez) de suivre de plus près le Blog : soit grâce au flux RSS soit grâce à la jolie Newsletter qui vous fait les yeux doux.

Lili P. supporte Apple depuis longtemps. Une cohabitation aux relents de confrontation qui aura été achevée par la Keynote. C’est officiel : la naine est une faiseuse de compote. Les pommes : elle les broie. Elle a longtemps cherché la raison de cette haine, allant jusqu’à supposer avoir été violée par le fruit défendu. Désormais, après avoir observé le show lassant d’une marque à la politique douteuse et la réaction de fanatiques, elle sait. L’omniprésence de la pomme l’énerve.

Lili désespère des amateurs d’Apple ; qui le lui rendent bien, d’ailleurs. Ils l’exaspèrent à coups de fruits en lançant une sale mode qui lui casse les pieds quotidiennement. Une mode insidieuse que Lili, au risque de faire sa poire, affirme renifler à plein nez. Elle est suffisamment lucide pour ne pas tomber dans les pommes, aussi, n’en déplaise à notre vigilance que nous voulons constante et affûtée, nous sommes passifs. Ou plutôt actifs dans notre passivité. Nous, qui nous insurgeons pour peu que l’on nous prenne pour des pommes, nous sommes des primeurs exploités. On fait de la réclame gratuite et bradée dont la spontanéité illustre le génie véreux de Monsieur Jobs.

Les noms des produits Apple deviennent génériques. À force de ne plus écouter de la musique sur un lecteur MP3 mais sur un iPod, à force de geeker non sur un ordinateur, mais sur un Mac, de transporter un macbook et non point un vulgaire laptop, de jouer sur un iPhone, qui bien entendu, n’a rien d’un smartphone ; on se retrouve à rendre communs des noms propres. En intégrant des marques dans notre vocabulaire quotidien  spontanément, nous devenons des supports publicitaires. Lili P. vous voit vous gausser ! Elle n’est ni assez grande pour être mannequin promoteur et ni assez épaisse pour être un panneau publicitaire. Or, les mensurations importent peu dès lors qu’on entre dans le cercle du Marketing de réseau subtil. Une technique qui conditionne en douceur : c’est beau, c’est bon, tu me veux, tu n’en peux plus, viens à moi. (<- Ceci est une analogie lubrique)Et hop. Tout est dans le consentement, même plus besoin de vaseline.

OUI MAIS. Lili voit déjà la communauté de fanboys défaillir sous le coup de l’émotion « Oh non ! On nous aura menti ?! Ce goujat ! ». À ces demoiselles – demoiselles, puisque les macfags ont depuis longtemps troqué leur virilité contre un iPod nano et des jugements extatiques, Lili dit que non : vous n’avez pas été trompées sur la marchandise. Les produits Apple sont presque aussi bons qu’ils sont chers. Et s’il vous plaît de vanter la vigueur de votre Casanova, libre à vous tant que vous n’approchez pas vos minauderies technologiques de naïves pucelles trop près de ses organes auditifs.

Certes, avec Apple, on en a raisonnablement pour son argent, le rapport est correct sans avantager furieusement le client. Utiliser un Mac, oui ; En vanter les mérites avec frénésie, non. Vous êtes suffisamment serviles. Car non contents d’intégrer la terminologie Apple, vous adhérez avec plaisir à l’uniformité du Design. La concurrence ? Aux antipodes de la politique de Jobs. Tant pis si le client veut de la diversité qui ne relève pas de la palette de couleurs flashys, Jobs impose ses produits comme un tout, un mix homogène et incessible. Le système d’exploitation et le packaging font indubitablement un. Cet effet « usine » permet de distinguer immédiatement les produits Apple, tel que, quand bien même vous parleriez d’ordinateur portable au lieu de Macbook, vous vantez la marque auprès de votre voisin de wagon. Malgré vous. Ce qui chiffonne chez Apple, c’est justement cet aspect tristement amoral, d’un point de vue Kantien. Sans forcément crier au loup à la sauce gauchiste, force est de constater que chez Apple, le client est non point une fin, mais un moyen.

Les européennes sont finies. Pas sûr que, dans l’esprit du citoyen lambda, la fin de ces élections marque autre chose que la disparition de ces petits spots kitschs dont seuls les partis politiques français ont le secret. D’ailleurs, dans cette course au vote, tous les coups étaient permis. Ce qui explique pourquoi un mystérieux adversaire a truqué le spot du parti communiste, créant un une bouse en pellicule qui dissuade de voter PCF. Lili P. avait juré que si ce spot ne relevait ni du second degré ni du sabotage, elle se ferait nonne. Elle vous écrit donc de son couvent, où elle a néanmoins connu les résultats des européennes.

L’abstention est historique, comme celle de 2004. Tous les taux d’abstention seront historiques, désormais. Inutile de chercher des raisons au peuple. Si ça ne le passionne pas, il s’en fout, il s’en empapoute. Lili ne comprend toujours pas la nature du vote en occident; à part sa dimension philosophique. Et saisit encore moins l’étonnement qui accompagne les taux d’abstention. Le choix de vote est une arme à double-tranchant. Le vote n’est pas un devoir et le citoyen n’est pas obligé de se donner les moyens pour faire entendre sa voix. Le vote n’est pas non plus un droit rigoureux ; il est donc cessible à la flemme et compromis par l’hésitation. L’abstention est logique.

Historique également, la belle union du Modem et du PS. Le PS et Bayrou se cassent joyeusement la gueule, unis dans la défaite, soudés dans la honte. Joyeuses noces.

En revanche, Europe Ecologie est LA révélation politique du moment. Un avènement qui étonne, mais que tous les fins analystes se targuent de comprendre. On nous somme que la programmation adéquate d’Home justifierait largement le succès des écolos. Hasard malin ou malin génie ? Cette programmation est prévue depuis longtemps, le 5 Juin étant une date fétiche pour nos amis environnementalistes. Elle a eu un impact, certes, puisque le film, malgré des relents alarmistes quelque peu casse-pieds par moments et très Al-Goriens au demeurant, est d’une beauté singulière qui s’articule autour d’un fond intelligent dont la consistance seule invalide l’usage desdits procédés manipulateurs. Ce documentaire a aidé, mais le succès des écolos ne revient pas à Yann-Arthus Bertrand, n’en déplaise aux complotistes qui crient à la manipulation tous azimuts. Cette attitude, venant du front national, parti abonné aux bassesses, ne choque que quand elle coïncide avec la victimisation ridicule de Bayrou, qui n’assume pas la médiocre image du centre qu’il a savamment véhiculé durant le débat de France 2. Avec ce « c’n’est pas ma fôte madâm », l’arène politique n’a pas fini de ressembler à une crèche.

Jalousie. Mesquinerie. Mes amours. L’émergence étourdissante de l’Europe Ecologie s’explique autrement. Beaucoup de paramètres entrent en jeu. La conscience, chez certains. La mode, chez d’autres. Et l’apolitisme, pour les derniers. Depuis le temps que l’on nous parle écolo, que l’on nous secoue pour mieux penser la nature, que l’on nous sensibilise sur les poumons noircis de notre progéniture future, il était temps d’avoir des résultats concluants. Certains crient à la fois au loup et au mouton – trop tard.

La montée en puissance de l’écolo-attitude, très bobo, rend une voiture hybride encore plus hype qu’un 4×4 rutilant, décidément trop gangsta-style. Il faut vivre son époque, et l’époque est au bio et à l’écolo. En vert et contre tous. Contre le centre en particulier, qui était jusque là une valeur refuge. Le MoDem bénéficiait du vote-planque. Mais la déchéance de Bayrou, alliée à la dimension responsable, apolitique ou non, des partis écologiques a logiquement a permis à l’EE de se hisser techniquement à la troisième place. En revanche, la deuxième marche ex-aequo, est le fruit du manque de charisme de Martine Aubry.

Au final, en ces temps de crise, en Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne comme en France, la gauche a souffert. Pas étonnant. L’Europe est un Vieux-Continent. Et les seniors votent à droite.

La naine a trollé, et part labourer le potager du couvent.

(Très mauvais titre. À vôt’bon’keur. À vos bonnes idées)

La presse féminine est à bien des égards une insulte à l’intelligence des lectrices. Malheureusement, ces mêmes lectrices ayant troqué leur cervelle contre de ravissants escarpins jaunes, il est difficile de parler d’intelligence insultée. On n’injurie pas ce qui n’est pas, voyons. Aussi, parlons d’intégrité compromise, de droits bafoués et de seuils de qualité non atteints. De même que l’on impose de strictes règles d’hygiène au fast-food malgré de désintérêt sanitaire de leur clientèle, on devrait se battre pour la dignité humaine, que certaines bécassines risquent à leur insu.

La presse féminine a manifestement un problème : elle-même. La forme et le fond. Mais surtout le fond : ses rédacteurs. Un gros mystère pèse en effet sur la qualification des journalistes beauté. Au vu des faibles capacités et des sujets à l’intérêt on ne peut plus limité, il est légitime de se demander si lesdites journalistes ont trouvé leur diplôme dans un pack de shampooings. Imaginons plutôt le chemin emprunté par une journaliste beauté, parcours sinueux qui a permis d’éviter de justesse le trottoir à son corps empoudré. À quinze ans, la greluche était médiocre en maths mais moins mauvaise en français. La logique la dépassait mais ayant été nourrie aux niaiseries épistolaires, elle se réfugie dans une filière littéraire. Le bac miraculeusement en poche, elle se cantonne aux langues jusqu’à ce qu’un ami en roulage de galoches, ébahi par la transformation avant et après maquillage, la pistonne en tant que rédactrice ès camouflage.

Notre belle incompétente, dénuée d’humour caustique et à mille lieux de la philosophie esthétique, tombe dans la redondance quand elle ne se contredit pas. Un régime est tantôt plébiscité, tantôt critique. Reste que chaque saison, dans un même magazine, le public a droit aux mêmes conseils concernant les ongles cassants, les looks fracassants, les coupes qui siéent à tel visage et les peaux qui conviennent à tels rasages. Ou comment ânonner les recettes de grands-mères à la sauce branchouille, à grands renforts de couleurs vives et de redondances abusives. Disserter sur l’évidence, c’est encore ce que ces jaseuses savent faire de mieux ; c’est que chez ces gens là, on ne pense pas, on écrit ou on se maquille.

Ces inepties, croyez-le ou pas, ne meublent pas la presse féminine. Elles en sont le noyau fondateur, la structure crétine. C’est autour de ce contenu puant que s’articule à la fois la plus géniale et la pire stratégie publicitaire : les “conseils sponsorisés”. On y oriente et on y somme massivement. Pourquoi ? Parce que 70% des achats sont effectués par des femmes. « Il faudrait » donc s’habiller avec tel modèle,  offrir tel objet, se loger à telle enseigne, se relaxer avec telle crème… On y planifie plus que des virées shoppings, on y trace des vies. Pour qu’au final, des bonnes poires soient contentes d’avoir trouvé la pâle copie de la robe de Marion Cotillard.

Une lectrice et une journaliste-beauté.

Trêve de grivoiserie, soyons sérieux.

Est-ce qu’une cruche, ne serait-ce qu’une seule petite lectrice de presse féminine s’est déjà rendu compte qu’elle payait pour avoir de la pub ?

Temps de réflexion.

Cette presse devrait être gratuite.

Pour mon stage en communication ou en journalisme, je crois que c’est définitivement mort.

Si Frédéric Lefebvre était un objet, nul doute que sa qualité de porte-parole de l’UMP lui vaudrait un statut de balai à WC. Attention. Pas n’importe lequel. Il aurait plutôt tendance à être une flushette singulière, de mauvaise qualité, qui étale les excréments plus qu’elle ne les nettoie. Après ses regrettables amalgames Splaouch. Il s’est de nouveau vautré dans ce qu’il est censé débarrasser, en préconisant l’instauration du droit des salariés à travailler ; juste avant les européennes. À ce stade, ce n’est pas jeter un pavé dans la mare, mais plonger littéralement dans la fosse septique.

« L’idée, c’est de permettre à des personnes en arrêt-maladie, en congé parental d’éducation ou en congé maternité après les délais légaux de continuer leur mission. »

Lefebvre. LeFigaro.

Cette initiative trahit au pire une bêtise outrancière ; au mieux, une confusion involontaire qui aurait fait croire au Fébvrile qu’il a intégré l’Union du Mouvement Patronal et non celle du mouvement Populaire. En somme : une énième couleuvre et un vœu d’allégeance au Médef que l’on essaie de faire avaler aux salariés sous couvert de paternalisme. Mais n’en déplaise au courtisan, les citoyens, eux, n’ont troqué ni leur cerveau ni leur honnêteté contre une perruque huileuse.

· Premièrement, parce que l’arrêt-maladie ainsi que le congé de maternité, stipulent que la personne a besoin de repos. Ils sont délivrés suite à un certificat médical. Ce n’est pas parce que Rachida Dati pond plus vite que l’ombre d’une poule que les congés maternité doivent en être raccourcis, même en télétravail. Toutes les femmes ne se dopent pas au carriérisme.

· Deuxièmement, parce que ce droit, aussi soumis au volontariat qu’on veuille bien nous le présenter, deviendrait un moyen de pression. Les meilleurs employés seraient ceux qui ne jouissent pas de leur congé. Circulez, y a rien à voir.

· Troisièmement, affirmer que cette mesure est contre la menace du licenciement arbitraire (« Beaucoup de salariés se trouvent dans une forme d’insécurité : ils sont remplacés et ne sont pas certains de retrouver, à leur retour, tout à fait le même poste. ») revient à cautionner l’immonde abus patronal qu’est le chantage. Au lieu de mesures drastiques qui ciblent ces pratiques, on accable les salariés. Logique.

Heureusement, pareille horreur est contestée au sein même de la majorité. Petit égarement fébvril donc, pas de quoi perdre foi en la démocratie. Gageons cependant qu’une idée aussi fumeuse est assurément le fruit du surmenage. Lefebvre devrait prendre un congé pour prendre soin de lui ; ne serait-ce que pour laver ses cheveux gras.

(Cela fait 5 ans que je n’ai pas repris le crayon  sauf pour les natures mortes et la calligraphie, donc pour l’heure, je me contente d’utiliser des services en ligne.)

9 heures du matin, refuge de nain, région PACA, territoire français, nation laïque. Lili P. dort, ce qui, au vu de sa navrante hyperactivité cérébrale relève sans prétention du miracle. Les vrais miracles font peu de bruit, disait St Exupéry. Mais des religieux qui cassent un miracle, aussi discret soit-il, ça ne devrait pas exister.

Cliquez ici pour voir en grand : Télémarketing religieux.

Lili P. n’aime définitivement pas les bondieuseries qui réveillent. Elle n’a pas râlé toute sa vie contre l’appel à la prière matinal pour avoir à supporter l’endoctrinement dominical.

Cher Monsieur Val,

Il est regrettable de devoir commencer une lettre par une formule consensuelle aussi hypocrite. Sachez que vous n’êtes cher  dans aucun sens du terme. L’affection que je vous porte est égale à votre valeur de journaliste, c’est dire.

Je vous écris, Monsieur Val, pour vous dévoiler mon intention de me réabonner à Charlie Hebdo et par là même, vous exprimer tout le mépris poli que vous m’inspirez. Depuis l’affaire Siné, je boudais votre hebdomadaire,  fière comme Artaban. Continuer à lire la serpillère de l’éboueur que vous êtes était inenvisageable pour moi, malgré ma légendaire patience qui me pousse régulièrement à me faire souffrance pour meubler mon Blog de quelques crachats mensuels sur les succès du moment. Mais Charlie-Hebdo était devenu trop souffreteux et bien trop pâlichon pour être haut en couleur. Pas assez médiocre pour être drôle, pas assez intelligent pour être brillant. Fade. Sans saveur. Valétudinaire, à votre image, Monsieur Val, à l’image de votre voix votive et de votre déontologie vomitive.

Je me réabonne car vous partez. La presse écrite va mal, Monsieur Val, vous le savez. Les journaux américains font faillite, et la question de la monétisation des contenus se pose progressivement. Le modèle publicitaire actuel a un avenir limité dans le temps, l’information n’est plus l’apanage de l’édition et l’argent se fait désirer. Resteront des idéalistes consciencieux pour défendre le prestige du papier ; idéalistes dont vous ne faites évidemment pas partie. Aussi, pas de valse-hésitation, vous fuyez. L’on vous savait lécheur, l’on vous découvre lâcheur. Ce qui n’indigne point, et surprend encore moins. Là où vous pensez envoyer valdinguer votre hebdomadaire, vous ne dressez  en réalité que le portrait peu flatteur de l’égoutier que vous êtes. En qualité de rat, vous quittez le navire pour un caniveau (Radio France).

VALEAS, VAL. (Va t-en, Val).

S’il est vrai que vous avez eu autrefois une belle plume, il est certain que  vous la trempez désormais dans de l’encre puante, presque aussi cireuse que votre teint.

Irrespectueusement vôtre,

Moom.

Moom-light©. Idiocies' maker since 1988.