Jeunes et cons
Le développement polyvalent des liens d’interdépendance entre hommes est à son apogée. Aux portes de la mondialisation, les plus utopistes ont cru en l’extension effective de la notion de citoyen du monde : une identité pacifiste rejetant l’essence même des frontières, des pays et des clivages entre les hommes. Une philosophie stoïcienne qui repousse toute discrimination qui se baserait sur les croyances, l’origine ou le sexe. Ironie du sort : l’intolérance et le sectarisme atteignent justement des sommets vertigineux : le terrorisme islamiste, la polémique enflammée –c’est le cas de le dire- des caricatures de Mahomet, le communautarisme de la gay pride et afin de passer de Scylla en Charybde, le phénomène intrigant des nationalités à la mode. Désormais, et comme si les gouvernements ne se chargeaient pas suffisamment de séparer les humains, la citoyenneté revêt une autre importance : la tendance. Il est communément admis qu’être italien, africain, maghrébin ou polonais confère un prestige propre charmer les puceaux amateurs de commentaires jouissifs sur les stars de la skyblogosphère française et à flatter les jeunes dont les sources de satisfaction se limitent à un critère aussi dérisoire que la nationalité. Les mots polak, rital, rebeu et black fleurissent sur internet comme de la mauvaise herbe; de la mauvaise herbe, exactement. De vils parasites indésirables mais qui font immanquablement partie du paysage.
En effet, appartenir à tel ou tel pays est source d’une superbe et d’une fierté fort peu spirituelles. S’enorgueillir d’une origine ethnique où le mérite est inexistant est une marque manieste de renonciation au bon sens. Des ces burlesques causes naissent des conséquences non moins risibles. Le vingt-et-unième siècle aura ainsi connu une vogue des plus ridicules, pour être politiquement correct : la recherche constante d’une appartenance aux pays branchés ou dits exotiques. Les précurseurs comme les suiveurs de cette mode semblent oublier que s’il pouvait n’exister qu’un concept de relatif, ce serait bien l’exotisme. Une quête basse et continue des gènes oubliés pour avoir l’apanage d’exposer sur son skyblog un photomontage avecle drapeau dudit pays (avec le numéro du département s’il vous plaît !).Des tendances anodines qui pourraient fort bien trahir un esprit compartimentaliste chez une jeunesse individualiste qui cherche la distinction à tout prix, sans avoir la présence d’esprit qui va avec. Triste.
Moom alias rebeu06.
[...] France. En fait, elle cherche une transition pour éviter le lancer de tomate qui accompagne tout aveu écrit d’apostasie nationaliste, aussi second degré [...]