Le dévot des laïques
Notre époque porte incontestablement le sceau de l’exhibitionnisme, fardeau atavique transmis par une ancienne limitation des libertés. À la manière de quelques pubères qui font durer interminablement leur crise adolescente et qui invoquent l’inhibition antérieure de leurs émotions au moindre reproche, l’individu moderne se plaît à faire étalage de tout et de n’importe quoi, de l’important et du futile, du personnel et du public ; en somme, de ce qui est bon à savoir comme de ce qui ne l’est pas. Et cet exhibitionnisme est rentré dans les mœurs, ne vous en déplaise. En atteste la popularité des skyblogs, où la pudeur est plus honnie que la bonne orthographe – c’est dire. Ou encore, la personne même du président de la République française. Sarkozy, dans une impulsion intimiste, a estimé nécessaire de créer une complicité entre le peuple français et lui. D’où un déballage consciencieux de se vie privée et de ses amours. Mais ne ressassons point ce qui est parfaitement su, et revenons au très-in exhibitionnisme.
Le coup d’étal présidentiel dérange quand il s’attaque à un pilier de la république : la laïcité. Contrairement à la laïcité outre-mer où tout le monde sans exception peut afficher appartenance religieuse, la laïcité à la française, quant à elle, a cette exigence stricte, aux limites de la rigidité : point d’ostentation dans la religion.
Et depuis la IIIe république, les gouvernements se sont évertués à faire respecter cette égalité. Jusqu’à Nicolas Sarkozy. Souffrant d’un pro-américanisme primaire, s’étant traduit par un copinage politico-médiatique avec Bush, l’adoption de la loi sur l’autonomie des universités, l’amour de la privatisation libérale, le président va jusqu’à afficher impudemment l’amour qu’il voue aux religions. Un toutou qui lèche, qui lèche… Du pape imbécile, pardon, du pape benoît à cet insupportable enturbanné de monarque saoudien, en passant par les excès honorifiques et l’obséquiosité dédié au grand singe bonze, rien n’échappe aux coups de langues hypocritement fétides et assenés dans le sens du poil. C’est pourtant sur une méconnaissance totale des fondements et des bienfaits de la laïcité que se greffe le discours du monarcon et de ses ostentatoires connivences. La laïcité empêche l’effectivité du communautarisme, systématiquement nocif. Elle invite à une responsabilisation citoyenne, à l’ouverture d’esprit [critique] du citoyen. Et même si ses retombées sont controversées, à savoir qu’elle peut protéger les crédulités outre-mesure, elle reste un système préférable à toute religion gouvernementale officielle.
En ces termes, il est primordial d’inviter le président français, qui trouve que « la laïcité n’est pas une vache sacrée », à tourner sept fois sa langue dans sa bouche au lieu de l’employer à faire reluire les pattes palmées des grenouilles de bénitier.
Benoît, enturbanné, grand singe ?
Ourf.
Article bien commencé, sujet intéressant, fin trop partisane - Ou paradoxale, je dirais, avec un clin d’œil… ^^
J’avoue, mais j’ai en horreur les chefs religieux :o.
J’adore la métaphore filée sur le chien et les coups de langue !