Moom Light

La tribune des pensées médiocres

Liberté d’expression : Siné qua non

En dépit de la propagande actuelle qui prétend que l’objectivité est une qualité essentielle de l’homme, la neutralité n’est pas. Seule l’indifférence existe. Mais à l’heure où l’humanité prône l’aseptisation plénière, pareil aveu relève de l’opprobre et de l’infamie. Les gens portent des masques, mentent, feignent. Il est tellement plus aisé de changer de visage au fil des contextes que d’assumer ses positions, tellement plus confortable… et si honteusement pleutre. Reconnaître sa subjectivité systématique découle d’une lucidité sur soi, et conduit donc à admettre la nécessite ponctuelle d’un effort de non engagement quand le contexte s’y prête. L’enjeu du « je » intelligent est de reconnaître ses erreurs antérieures si la réflexion a imposé un revirement, et de rester cohérent si la conviction est inchangée. Dans le milieu des médias, certains essaient de ne pas assumer leurs penchants et préfèrent jouer la girouette hypocrite. Et se ridiculisent lamentablement.

Deux poids, deux mesures

Caricature MahometVal, prétendu défenseur de la liberté d’expression, estime que le droit à la caricature relève de la liberté d’expression. Que des caricatures heurtent des âmes sensibles, c’est naturel. Prévisible, même. Mais la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence, rabâche-t-on. Certes. Encore faut-il que l’over-sensibilité de ces derniers n’étende pas exagérément leur dite liberté. Il serait en effet odieux de limiter la liberté d’expression pour protéger des hypocondriaques de l’intellect qui font fi de l’égalité dont est empreint le second degré de toute caricature (Comme pour la caricature d’Obama en terroriste). Il est également odieux que le second degré, incompris par des abrutis congénitaux, contribue à la conservation de ces derniers dans leur cocon protecteur de sottise chronique. Mais leur sottise, pour l’heure, ne regarde qu’eux et n’a pas à entacher la liberté d’expression, à la diviser à grands renforts de tolérance et précautionnisme. Elle est, ou elle n’est pas. Dans ces conditions, pourquoi Siné est réellement viré sous prétexte d’un texte à l’antisémitisme impalpable ? L’on m’excusera, mais dans le passage incriminé:

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »


Siné ne dénonce que l’opportunisme cinglant d’une fouine vénale voulant concrétiser coûte que coûte un contrat de confiance avec une héritière juive. Passons sur les raisons personnelles et les abracadabrantes théories du complot impliquant Sarkozy pour tenter d’être rationnels. Que Val crie si stupidement à l’antisémitisme s’inscrit en droite ligne d’une veulerie sans pareille qui accompagne toute réserve ou toute réflexion contenant le mot « juif » depuis l’holocauste. Val s’autocensure donc soit par circonspection abusive, ce qui serait incongru de la part du directeur de publication de Charlie-Hebdo, soit par poltronnerie éditoriale. Effectivement, l’ambigüité des paroles de Siné ne sert pas financièrement le média. Cela déplaît et ça attire des ennuis autrement plus foudroyants que ceux engendrés par les traditionnels bouffages de barbus et de curés. Val est victime de cette frilosité à l’égard de la communauté juive, qu’il aurait pu parer s’il était réellement attaché à la liberté d’expression de manière solide. Mais à force d’invoquer dans le vent une puissance qui le dépasse, il s’est royalement pris les pieds dans le tapis. À force de marcher sur un fil de rasoir, il s’est coupé. Sa crédibilité n’est plus. À force d’être toujours par monts et par Vals vaux quand il est question de positions, ses motivations deviennent douteuses. La liberté d’expression aurait raison de s’offusquer d’être liée à pareil effaré…n’y avait-il donc que des raisons mercantiles pour motiver Val à publier les caricatures ?

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9 Responses to “Liberté d’expression : Siné qua non”

  1. Tchit

    Marie-Douce Mounette, quand est ce que tu créé ton organe de presse ?? J’achète ! Je veux même te rendre service pour l’impression avec ma petite imprimante laser et gérer les abonnements.
    Un de tes meilleurs articles à mon goût. Continue comme ça et lorsque je me connecterai à Moom-Light j’aurai l’impression de lire un vrai journal, du genre qu’on aimerait que ça existe en kiosques.

    “un contrat de confiance” : bien trouvé ^^

  2. B.

    Quel fayot :D

  3. Tchit

    B. Bah oué :)
    jusqu’au bout


  4. Quatre réflexions au moins me viennent en te lisant… (c’est déjà pas mal !)

    D’une l’expression “hypocondriaque l’intellect” me plait beaucoup. Je la fais mienne donc voleur que je suis !

    Ensuite, le terme “fouine vénale” me semble parfaitement descriptif. Même pas insultant donc. (sauf peut etre pour les fouines qui sont très certainemetn des animaux sensibles)
    Troisièmement, le fait que notre justice puisse être la proie du soupçon même pas voilé qui s’échappe du propos de Siné me semble assez symptomatique de la manière dont elle est rendue… Car en fin de compte très peu de gens savent ce qui se trouvait dans le dossier qui a été jugé par le tribunal correctionnel…

    (PS : c’est vrai que tu étais plutôt en forme sur celui là :-D)

    En ce qui concerne le renvoi de Siné lui-même, il ne me semble pas déraisonnable. La liberté d’expression d’un journal étant aussi de choisir de quoi il ne souhaite surtout pas parler.
    Et ça c’est plutôt pas mal.


  5. Tur > Merci ^_^.

    Bibi > Tu devras essayer de faire de même pour changer.o:)

    Feufol > Si c’était la première impertinence de Siné et que Val ‘en offusque, passe encore. Mais Siné est connu pour ses “excès”. Que Val les plébiscite puis les assasine, je trouve ça incohérent. C’aurait été “pas mal” si les motivations de Val était intelligentes. Mais les faits prouvent qu’il est totalement largué.
    [Voleur ^_^]

  6. B.

    Je perdrais tout mon charme si je commençais à lécher des popotins, non que je ne l’ai jamais fait, mais toujours uniquement dans des circonstances sexuelle, ce qui serait ici déplacé. Et puis j’avais rien à dire sur l’article de toute façon, je n’aime pas la presse, je ne lis pas la presse, j’emmerde la presse ; et de toute façon ce genre de sujets de société ne concerne que ceux que le genre humain intéresse encore, au moins de façon fragmentaire, donc cela me passe très au dessus de la tête. CQFD.

  7. B.

    Je repasse vite fait et me rends compte que poster des messages très tôt le matin (oui enfin bon… tout est relatif hein >______< . Mea culpa.


  8. Ouh, les jolies erreurs !
    Je ne parle pas le bibi-babil.

  9. B.

    Si tu continu a t moker dé ereur de mé matiné geul 2 boi, je me mé a ékrir com sa !
    (Moi, chiant ? noon, comme si).

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