Moom Light

La tribune des pensées médiocres

La belle saison : l’incitation à lire con

Dès que les bureaux sont désertés et les plages bondées, l’industrie de la presse et de la littérature considèrent ipso facto que les lecteurs ont laissé leur cerveau et leur bon goût au vestiaire au profit d’un maillot de bain échancré. Et qu’au sortir de l’été, refleuriront les idées dans les crânes. D’où le concept aberrant de la rentrée littéraire. Il existerait donc des saisons neuronales, en somme, et l’été en serait la creuse.

Les livres mis en valeur par la Fnac (niçoise) véhiculent un mépris outrancier du lecteur, tant de la part de l’auteur que de la part du prestigieux bazar. Les livres vous apprennent désormais comment marcher avec des talons aiguilles, ou comment relever gracieusement votre jupe pour améliorer vos chances de prendre un taxi en plein-Paris, comment éviter les cernes après une soirée arrosée comme si c’était votre souci primordial ou comment nourrir votre petit ami en le considérant tel un lapin herbivore.

Il est également question de la baisse de qualité ponctuelle de la presse dite sérieuse, puisque la presse féminine et la presse à sensations prennent leurs lecteurs toute l’année pour des écervelés Mais comment décrire cette sensation de désarmement qui s’empare d’un lecteur avide et qui se rappelle avec abattement la saison et son corollaire indésirable qu’est la médiocrité médiatique ?Comme si, à suivre consciencieusement l’actualité politique et financière toute l’année et tant bien que mal, l’on s’intéressait soudain au nombre de fausses blondes en France, à la sensation d’avoir 20 ans en 2008 ou encore sur les 60 bons plans bidons que tout le monde connaît et qui s’avèrent aussi utiles et révolutionnaires que les régimes miraculeux conseillant la sempiternelle alimentation équilibrée et la pratique régulière de sport.

L’on appelle ça de la littérature de plage. Ou de la lecture légère. À croire que le contenu est moins digeste quand il fait beau. Ou que c’est la qualité qui est lourde.

Elle se fait attendre, ma mise à jour sérieuse.

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6 Responses to “La belle saison : l’incitation à lire con”


  1. Je pense surtout que ce sont tous les occupants des maisons d’édition qui sont partis avec leur cerveau et leurs auteurs préférés à la plage, et laissent à l’abandon les sorties qui ne marchent pas, puisqu’à la plage on préfère trimballer le dernier Biba pour faire bruyamment son quizz sexo entre copines à côté d’une rangée de mecs aux aguets.

    Cela dit, j’ai vu des gens lire des choses plutôt intelligentes sur la plage. Et je me souviens de l’été de mes 14 ans peut-être, à la plage, le nez dans Jecques le Fataliste et son Maître.

    Ah mais oui ! C’est vrai. Tu habites Nice. Forcément… Les vacances Bidochons, les mimiles en sandales plastique, comment dire… Pas de quoi faire une généralité, rassure-toi ! ^^


  2. [...] De ce qu’il se passe, vous n’en saurez rien ici à moins de lire ce Magasin des Suicides qui constitue un interlude salvateur au milieu d’une littérature estivale parfois pleine de… Déconvenues. [...]

  3. B.

    En tout cas ce ne sont pas des vacances qui incitent à lire ce blog ; pas assez de mises à jour :’(

  4. Moom

    Dindonneau < Je te manque avoue ?
    Je remets à jour dans la semaine, et je redeviens régulière.
    Promis.
    *bat des cils*

    Lou < Pas les mimiles en sandales ordinaires, mais en Crocs, s’il te plaît.
    Et oui, c’est Cosmopolitan qui est à l’honneur. Ou Gossip bidule.

    J’adore la Côte d’azur….

  5. B.

    Bien sur que tu me manques ^^

  6. Hicham

    Elle changera jamais la moom ^_^
    Bah tiens, en incitation à lire con, va lire “Métaphysique des tubes” d’Amélie Nothomb. Tout au long du texte, j’ai cru te voir grandir entre 0 et 4 ans.

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